Les Mémoires d’une chanteuse allemande

Wilhelmine Schroeder Devrient

Wilhelmine Schroeder Devrient

« Et ainsi nous en vîmes enfin à la scène principale, un groupe comme, seuls, les Romains les ont représentés sur leurs camées et bas-reliefs. Nina s’était mise sur moi, mais de sorte que mon derrière pût recevoir les coups de verge; m’écrasant de son poids, elle me fit pénétrer plus avant dans Rosa. La chaleur agréable de nos corps nus et lisses me procurait des sensations exquises et nous reprîmes nos jeux. Cette fois, cela prit plus de temps. Nina m’aidait à accentuer mes élans. Anna fouettait fort, mais cela ne suffisait encore pas. Je demandai à Rosa de me mordre aux épaules, aux bras, et sans me ménager, comme elle fit d’abord. « Mords, jusqu’au sang, lui criai-je », ce qu’elle fit. Enfin, je sentis venir l’extase, celle qui fait chavirer; je perdis la notion des choses. De volupté, tous les membres me démangeaient, tandis que, de notre double poids, Nina et moi faillîmes étouffer Rosa. Et ce fus un jaillissement sans fin. » p.160-161

Cote:   à venir…

Titre : Les mémoires d’une chanteuse allemande
Auteur : Whilhelmine Schroeder Devrient
Année de parution et éditeur:
Aus den Memoiren einer Sängerin,
Tome I parut entre 1862 et 1868
Tome II entre 1870 et 1875
Altona.
Édition utilisée pour cette fiche :
à compléter

L’auteur…

L’identité de l’auteur de ces mémoires est longtemps restée mystérieuse. Elles furent finalement attribuées à la célèbre cantatrice allemande Whilhelmine Schroeder Devrient. Bien qu’aucun document ne soit en mesure de nous certifier l’exactitude de cette attribution, les recherches passionnées des érudits allemands sur cette question ont démontré l’identité du style de Mme Schroeder-Devrient avec celui des Mémoires.
Wilhelmine Schroeder-Devrient est née à Hambourg le 6 décembre 1804 et mourut à Cobourg le 26 janvier 1860, soit deux ans avant la date présumée de la première publication des mémoires. En Allemagne, elle fut une cantatrice célèbre qui enthousiasma le publique de son temps. Elle connut Beethoven et Goethe écrivit des vers sur un de ses albums.
« Son humeur violente la portait facilement aux extrêmes et elle eut beaucoup d’aventures sentimentales. L’attribution qui lui est faite des Mémoires repose toutefois sur des bases trop fragiles pour que l’on puisse la considérer définitivement comme en étant l’auteur. Il faut ajouter cependant que ce que l’on connaît de son caractère n’est point incompatible avec celui que révèlent les écrits en litige. Des racontars assez scandaleux qui se colportaient de son vivant justifieraient jusqu’à un certain point que l’on lui attribue ces Mémoires. » Les diables amoureux, Guillaume Apollinaire, p.318

Le livre et son contexte socio-historique…

« (…) la seule autobiographie féminine que l’on puisse comparer aux Confessions de J.-J. Rousseau ou aux célèbres Mémoires de Casanova. » Les diables amoureux, Guillaume Apollinaire, p. 317
Le manuscrit original aurait été trouvé vers 1862, après la mort de la cantatrice, par son neveu qui l’aurait édité. L’ouvrage a été souvent imprimé en Allemagne avant d’être attribué à Mme Schroeder Devrient; son origine et la paternité de l’œuvre sont donc entourées d’une confusion qui persiste encore aujourd’hui.

Résumé…

Écrit sous forme de lettre à un destinataire plus ou moins identifié, la narratrice raconte son apprentissage du plaisir. Le livre entre en scène avec le récit d’un souvenir d’enfance où elle observe ses parents faire l’amour. C’est une des plus belles scènes de l’ouvrage, sans pudeur ni vulgarité, d’un érotisme étonnement équilibré pour la teneur un peu incestueuse de la situation.
La cantatrice mentionne souvent la nécessité de la bonne mesure dans la jouissance : soit le risque de se lasser ou de ne plus contrôler une course effrénée vers des désirs de plus en plus dégradants et de s’y user. Elle raconte aussi ses manigances dans les jeux du plaisir desquels elle tente de garder un assez bon contrôle pour ne pas entacher sa réputation ni s’attacher à un seul homme, le tout dans un monde où la femme n’avait pas le loisir d‘afficher une vie libertine sans subir les conséquences de préjugés sévères.

Cote et justification:  à venir…

J’ai beaucoup aimé le langage utilisé, très imagé et coloré avec lequel même les anecdotes crues deviennent légères et rieuses.
Des belles scènes d’amour entre femmes sont aussi narrées avec une grande puissance, l’auteur d’Emmanuelle a sûrement dû y puiser quelques inspirations. J’ai beaucoup aimé tout le vocabulaire utilisé pour désigner la jouissance, l’orgasme, l’éjaculation et spécialement le sexe féminin.  Ex. : le coquillage, le trône, la conque, la grotte de volupté, temple de volupté, la flèche d’amour, le sceptre, le poignard…

Bibliographie:

Les Diables Amoureux, Guillaume Apollinaire, Éditions Gallimard, 1964.

~ par missbataille sur juillet 6, 2009.

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